Pour commencer

Qu’est-ce que le vaishnavisme

Un vaishnava est quelqu’un qui adore Vishnu, ou Krishna, comme Dieu suprême et fait de cette relation le centre de sa vie. C’est l’une des traditions spirituelles les plus anciennes et les plus suivies au monde.

En quelques mots

Ce que l’Occident appelle l’hindouisme réunit en réalité plusieurs grandes traditions. Les unes se centrent sur Shiva, d’autres sur la Déesse, d’autres sur une réalité absolue sans forme. Le vaishnavisme est celle qui se centre sur Vishnu et Ses formes, surtout Krishna et Rama. C’est la plus nombreuse de toutes : des centaines de millions de personnes la suivent.

Ce qui distingue un vaishnava n’est ni une technique ni un régime, même s’il a les deux. C’est une idée très précise : Dieu est une personne, chaque être vivant est une âme éternelle, et entre les deux existe une relation d’amour que l’on peut retrouver. Retrouver cette relation s’appelle la bhakti.

Ce que croient les vaishnavas

  • Un seul Dieu, et personnel. Il a un nom, une forme et un caractère. Les nombreux noms (Krishna, Vishnu, Rama, Narayana, Govinda) sont les noms d’une même personne.
  • Nous ne sommes pas le corps. Chaque être est une âme (ātmā) qui ne naît ni ne meurt et qui change de corps de vie en vie.
  • Les actes ont des conséquences. C’est la loi du karma, qui lie l’âme au cycle des naissances.
  • La sortie, c’est la dévotion. Il ne s’agit pas de se dissoudre dans le néant, mais de servir à nouveau Dieu avec amour.
  • La connaissance se reçoit. Elle passe de maître à disciple dans une chaîne ininterrompue (paramparā) et s’appuie sur les Écritures.

Chacun de ces points est développé dans La philosophie vaishnava.

Ses Écritures

Les vaishnavas acceptent les Védas et les Upanishads, mais il y a deux livres qu’ils lisent chaque jour. La Bhagavad-gītā rapporte la conversation entre Krishna et le guerrier Arjuna avant une bataille, et résume tout l’enseignement en sept cents versets. Le Śrīmad-Bhāgavatam (ou Bhāgavata Purāṇa) est beaucoup plus long et raconte les apparitions de Dieu dans le monde et la vie de Ses dévots ; son dixième chant raconte la vie de Krishna.

Les quatre écoles

Le vaishnavisme n’est pas une organisation, mais une famille de lignées. On reconnaît traditionnellement quatre écoles, ou sampradāyas, chacune associée à un grand maître qui l’a systématisée :

ÉcoleMaîtreÉpoque
Śrī sampradāyaRāmānujaXIe–XIIe siècles
Brahma sampradāyaMadhvaXIIIe siècle
Rudra sampradāyaViṣṇusvāmīAvant le XIIIe siècle
Kumāra sampradāyaNimbārkaVers les XIIe–XIIIe siècles

Les quatre partagent l’essentiel : Dieu est personnel et la dévotion est la voie. Elles diffèrent sur des nuances philosophiques quant à la relation entre Dieu, les âmes et le monde.

Le vaishnavisme gaudiya

En 1486 naquit au Bengale Śrī Caitanya Mahāprabhu. Il enseigna qu’à notre époque la manière la plus directe d’approcher Dieu est de chanter Ses noms ensemble (saṅkīrtana), et Il l’ouvrit à tous, sans distinction de caste ni d’origine. Ses disciples Le considèrent comme Krishna Lui-même, venu montrer comment on L’aime.

La tradition issue de Lui est dite gaudiya, de Gauda, l’ancien nom du Bengale. Elle appartient à la lignée de Madhva et a deux traits propres : elle considère Krishna comme la forme originelle de Dieu, dont procèdent toutes les autres, et elle place au centre le chant du maha-mantra Hare Krishna.

Comment il est arrivé en Occident

Pendant des siècles, le vaishnavisme gaudiya sortit à peine de l’Inde. Au XIXe siècle, Bhaktivinoda Ṭhākura commença à écrire à son sujet en anglais ; son fils, Bhaktisiddhānta Sarasvatī, demanda à l’un de ses disciples de le porter au monde occidental. Ce disciple était A. C. Bhaktivedanta Swami Prabhupāda, qui en 1965, à presque soixante-dix ans, partit pour New York sur un cargo et fonda l’année suivante l’Association internationale pour la conscience de Krishna (ISKCON). C’est ce que l’on connaît aujourd’hui comme le mouvement Hare Krishna. La chaîne complète se trouve dans Les maîtres.

Comment reconnaître un vaishnava

  • Le tilaka : une marque d’argile claire sur le front, deux lignes verticales qui se rejoignent au-dessus du nez. Elle désigne le corps comme temple de Dieu.
  • Des perles de tulasī au cou : un fin collier de bois de basilic sacré.
  • Le japa mala : un chapelet de 108 perles, que l’on porte généralement dans un petit sac en tissu.
  • L’alimentation : végétarienne, et offerte à Krishna avant d’être consommée (prasādam).

Questions fréquentes

Le vaishnavisme est-il une religion différente de l’hindouisme ?

« Hindouisme » est un nom large qui regroupe des traditions très diverses. Le vaishnavisme en est une, la plus nombreuse. Beaucoup de vaishnavas préfèrent parler de sanātana-dharma, « la fonction éternelle de l’âme », car ils considèrent que la dévotion à Dieu n’appartient à aucun pays ni à aucune culture.

Quelle différence entre Vishnu et Krishna ?

C’est la même personne divine sous des formes différentes. Beaucoup d’écoles considèrent Vishnu comme la forme originelle et Krishna comme l’une de Ses apparitions ; la tradition gaudiya l’entend à l’inverse : Krishna est la forme originelle et Vishnu procède de Lui. Dans la pratique, tous se reconnaissent comme vaishnavas.

Les vaishnavas adorent-ils plusieurs dieux ?

Non. Ils adorent un seul Dieu suprême aux nombreux noms et formes. Les autres divinités de l’Inde (les devas) sont comprises comme des êtres puissants au service de Dieu, que l’on respecte mais que l’on n’adore pas comme suprêmes.