Pour commencer

Qu’est-ce que Hare Krishna

« Hare Krishna » est le nom populaire de l’Association internationale pour la conscience de Krishna (ISKCON), la branche du vaishnavisme arrivée en Occident en 1965. Le nom vient du mantra que chantent ses dévots.

Un mouvement jeune aux racines anciennes

Quand on voit pour la première fois un groupe de dévots chanter dans la rue, on pense souvent qu’il s’agit de quelque chose de nouveau. L’organisation l’est : elle a été fondée en 1966. Mais ce qu’elle enseigne et pratique, c’est le vaishnavisme gaudiya, la tradition que Śrī Caitanya Mahāprabhu répandit en Inde au début du XVIe siècle et qui plonge ses racines dans la Bhagavad-gītā.

Les dévots ne se désignent pas eux-mêmes comme « les Hare Krishna ». Ils parlent de conscience de Krishna : vivre en se souvenant de Dieu dans tout ce que l’on fait.

Prabhupāda, le fondateur

Abhay Charan De naquit à Calcutta en 1896. Il fut pharmacien et père de famille jusqu’à ce que, déjà âgé, il embrasse la vie de renoncement et consacre ses journées à traduire en anglais les Écritures vaishnavas. Son maître lui avait demandé, des décennies plus tôt, de porter cet enseignement en Occident.

En 1965, à 69 ans, il embarqua sur le cargo Jaladuta à destination des États-Unis, avec quelques roupies et une malle de livres. Il commença par chanter sous un arbre dans un parc de New York. En juillet 1966, il fonda ISKCON ; lorsqu’il quitta ce monde en 1977, il avait fait plusieurs fois le tour de la planète, ouvert plus de cent temples et publié des dizaines de volumes, dont La Bhagavad-gītā telle qu’elle est. Ses disciples l’appellent Śrīla Prabhupāda.

Le mantra et sa signification

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Hare Rama, Hare Rama, Rama Rama, Hare Hare

Le maha-mantra, « le grand mantra »

Ce sont trois mots répétés jusqu’à en faire seize :

  • Krishna signifie « celui qui attire tous les êtres ». C’est le nom de Dieu.
  • Rama signifie « la source de toute joie ». C’est un autre nom de Dieu.
  • Hare est la manière d’appeler Harā, l’énergie de dévotion de Dieu, personnifiée par Śrīmatī Rādhārāṇī.

Ce n’est pas une formule pour demander des choses. Prabhupāda l’expliquait comme une supplique : « Ô Seigneur, ô énergie du Seigneur, je T’en prie, engage-moi à Ton service. » On le chante de deux façons : seul et à voix basse, avec un chapelet (japa), ou en groupe et en musique (kīrtan).

Comment vit un dévot

La plupart des dévots ne vivent pas dans un temple. Ils ont une famille, un travail et une maison comme tout le monde, et organisent leur journée autour de quelques pratiques :

  • Chanter le maha-mantra chaque jour sur le chapelet. Ceux qui ont reçu l’initiation s’engagent à seize tours par jour.
  • Lire un moment la Bhagavad-gītā ou le Śrīmad-Bhāgavatam.
  • Offrir la nourriture à Krishna avant de la manger. Le régime est végétarien.
  • Se réunir avec d’autres dévots, généralement au temple.

Les initiés suivent en outre quatre principes :

  1. Ne pas manger de viande, de poisson ni d’œufs.
  2. Ne pas prendre de substances enivrantes, y compris l’alcool et le tabac.
  3. Ne pas participer aux jeux de hasard.
  4. Ne vivre la sexualité que dans le mariage.

Tout cela est raconté plus en détail dans La pratique quotidienne.

Les habits, les cheveux et la marque sur le front

L’image du dévot en robe orange et crâne rasé correspond aux moines. La couleur safran est portée par les hommes qui vivent dans le célibat ; les hommes mariés s’habillent en blanc, et les femmes portent le sari. La petite mèche au sommet du crâne s’appelle śikhā, et la marque d’argile sur le front, tilaka. Rien de tout cela n’est obligatoire pour s’approcher : c’est la tenue traditionnelle de ceux qui ont décidé de se consacrer entièrement.

Où rencontrer des dévots

Il existe des temples et des centres Hare Krishna dans la plupart des grandes villes du monde, et presque tous sont ouverts au public. En France, la communauté de référence est La Nouvelle Māyāpura, dans un château de l’Indre, et il y a un temple en région parisienne. Vous trouverez adresses et liens sur notre carte des temples ; pour les autres pays, ISKCON tient un annuaire mondial des centres.

Questions fréquentes

Hare Krishna est-il une secte ?

C’est une branche du vaishnavisme, l’une des grandes traditions de l’Inde, avec des Écritures, une lignée de maîtres et des siècles d’histoire. Les spécialistes des religions la situent au sein de l’hindouisme.

La question vient souvent de l’image des années soixante-dix : de jeunes Occidentaux qui changeaient de vie du jour au lendemain. Comme d’autres institutions religieuses, ISKCON a traversé des crises et commis des erreurs graves, surtout dans les années qui ont suivi la mort de son fondateur ; elle les a reconnues publiquement et elles l’ont conduite à se réformer. Aujourd’hui, la grande majorité de ses membres vit hors des temples, avec sa famille et son travail.

La meilleure façon de répondre est de vérifier par soi-même : les temples sont ouverts, personne ne vous demandera rien pour entrer et vous pouvez partir quand vous voulez.

Les Hare Krishna sont-ils hindous ?

Ils appartiennent à une tradition née en Inde et partagent des Écritures avec l’hindouisme. Ils se décrivent généralement comme vaishnavas, ou dévots de Krishna, car ils considèrent que la dévotion à Dieu ne dépend pas du fait d’être né dans une culture particulière.

Pourquoi chantent-ils et dansent-ils dans la rue ?

Ils suivent l’exemple de Śrī Caitanya, qui au XVIe siècle fit sortir le chant des noms de Dieu dans les rues du Bengale pour qu’il atteigne tout le monde. Ils l’appellent harināma saṅkīrtana.

Pourquoi sont-ils végétariens ?

Pour deux raisons. La première est la non-violence : éviter une souffrance inutile aux autres êtres. La seconde est qu’ils ne mangent que ce qu’ils ont d’abord offert à Krishna, et dans la Bhagavad-gītā Il demande des aliments végétaux : une feuille, une fleur, un fruit ou de l’eau.

Quel lien George Harrison avait-il avec les Hare Krishna ?

Le guitariste des Beatles rencontra les dévots à la fin des années soixante, produisit en 1969 le single Hare Krishna Mantra, inclut le mantra dans sa chanson My Sweet Lord et fit don en 1973 d’un domaine près de Londres qui est toujours un temple.